Avec un salaire net de 1 350 euros, l’allocation de retour à l’emploi (ARE) après une rupture conventionnelle se situe aux alentours de 900 euros nets par mois. Ce chiffre dépend du salaire journalier de référence (SJR), calculé à partir des rémunérations brutes et non du net affiché sur la fiche de paie. Détaillons le mécanisme pour éviter les mauvaises surprises.
SJR et passage du net au brut : le piège du calcul initial
Le calcul de l’ARE repose exclusivement sur le salaire brut. Un salaire net de 1 350 euros correspond, selon le taux de cotisations salariales standard, à un brut mensuel d’environ 1 730 euros. France Travail retient l’ensemble des rémunérations brutes (salaires, primes, treizième mois) perçues sur la période de référence, puis divise ce total par 365 jours calendaires.
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Pour un salarié sans prime ni variable, le SJR s’obtient ainsi : salaire brut annuel divisé par 365. Avec un brut mensuel de 1 730 euros, le brut annuel tourne autour de 20 760 euros, ce qui donne un SJR proche de 56,88 euros.
Deux formules entrent ensuite en concurrence. France Travail retient la plus avantageuse pour l’allocataire :
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- Formule 1 : 40,4 % du SJR + 12,95 euros de partie fixe, soit environ 35,93 euros par jour
- Formule 2 : 57 % du SJR, soit environ 32,42 euros par jour
La formule 1 l’emporte ici. L’allocation journalière brute avoisine donc 35,93 euros. Après prélèvements sociaux, le montant net journalier descend légèrement, mais reste au-dessus du plancher net maintenu à environ 32,13 euros par jour.
Sur la base forfaitaire de 30 jours calendaires par mois (applicable depuis avril 2025), l’ARE nette mensuelle se situe aux alentours de 900 à 940 euros. La mensualisation sur 30 jours fixes évite les variations liées aux mois de 28 ou 31 jours, un changement que beaucoup d’allocataires ignorent encore.

Délai de carence après rupture conventionnelle : trois composantes à anticiper
Obtenir le droit à l’ARE ne signifie pas être payé dès le lendemain de la fin du contrat. Trois délais se cumulent avant le premier versement.
- Le délai d’attente incompressible de 7 jours, applicable à toute ouverture de droits
- Le différé congés payés, calculé sur l’indemnité compensatrice de congés non pris
- Le différé spécifique lié à l’indemnité supra-légale, c’est-à-dire la part de l’indemnité de rupture conventionnelle qui dépasse le minimum légal
Pour un salaire net de 1 350 euros avec une ancienneté modérée, l’indemnité légale reste faible. Le différé spécifique est alors souvent nul ou limité à quelques jours. En revanche, si la négociation aboutit à une indemnité bien supérieure au plancher, ce différé peut atteindre plusieurs semaines, voire quelques mois.
Nous recommandons de simuler ce différé avant de signer la convention. Un montant d’indemnité plus élevé est toujours appréciable, mais il faut disposer de la trésorerie pour couvrir la période sans revenu.
Réforme septembre 2026 : durée d’indemnisation réduite pour les ruptures conventionnelles
La réforme applicable aux contrats rompus à compter du 1er septembre 2026 modifie significativement la durée maximale des droits. La date déterminante n’est pas celle de la signature de la convention, mais la date de fin effective du contrat de travail. Une convention signée en août 2026 avec une date de fin au 15 septembre 2026 tombe sous le nouveau régime.
Nouvelles durées maximales
Pour les moins de 55 ans, la durée maximale d’indemnisation passe à 15 mois. Les salariés de 55 ans et plus bénéficient d’un plafond de 20,5 mois. Ces durées restent plafonnées par l’ancienneté réelle d’affiliation au régime d’assurance chômage.
Avant cette réforme, un salarié de moins de 53 ans pouvait prétendre à 24 mois d’indemnisation. La baisse est donc substantielle. Pour un profil à 1 350 euros net avec une ancienneté limitée, la durée effective était déjà souvent inférieure à 24 mois, mais le nouveau plafond de 15 mois peut devenir contraignant pour les salariés ayant plus de deux ans d’ancienneté.
Impact concret sur un salaire de 1 350 euros net
Avec une ARE nette d’environ 900 euros mensuels sur 15 mois maximum, le total perçu sur toute la période d’indemnisation plafonne autour de 13 500 euros. Ce montant impose de préparer la suite dès la signature : formation via le CPF, inscription rapide auprès de France Travail, activation des droits complémentaires (prime d’activité, APL).

Indemnité de rupture conventionnelle pour un salaire net de 1 350 euros
L’indemnité spécifique de rupture conventionnelle ne peut pas être inférieure au minimum légal. Pour les dix premières années d’ancienneté, ce minimum correspond à un quart de mois de salaire brut par année complète. Au-delà de dix ans, chaque année supplémentaire ouvre droit à un tiers de mois.
Avec un brut mensuel d’environ 1 730 euros et cinq ans d’ancienneté, le plancher légal se situe aux alentours de 2 162 euros brut. Ce montant est exonéré d’impôt sur le revenu et de cotisations sociales dans la limite des plafonds en vigueur.
Le salaire de référence retenu est le plus favorable entre la moyenne des 12 derniers mois et celle des 3 derniers mois, primes incluses. Un treizième mois versé en décembre peut donc relever sensiblement le calcul si la moyenne trimestrielle est utilisée.
Optimiser sa situation : ce qui change réellement le montant
Le levier principal reste le salaire brut de référence. Toute prime, tout avantage en nature déclaré sur les bulletins de paie entre dans le calcul du SJR. Les heures supplémentaires régulières, les primes de performance ou d’ancienneté gonflent mécaniquement l’ARE.
À l’inverse, les périodes d’arrêt maladie ou de temps partiel sur les 24 derniers mois peuvent diminuer le salaire de référence, même si France Travail procède à une reconstitution pour certaines suspensions du contrat (congé maternité, activité partielle). Vérifier le détail du calcul sur l’attestation employeur reste la meilleure protection contre une sous-évaluation.
Pour un salaire net de 1 350 euros, l’ARE représente un taux de remplacement d’environ 67 à 70 % du net. Ce ratio, plus favorable que pour les hauts salaires, s’explique par le poids de la partie fixe (12,95 euros) dans la formule de calcul, qui avantage les petites rémunérations. Le filet de sécurité fonctionne, mais la durée réduite par la réforme 2026 oblige à anticiper le retour à l’emploi bien avant l’épuisement des droits.

