La case 2BH apparaît chaque printemps sur la déclaration de revenus, pré-remplie par votre établissement financier, sans que la plupart des débutants en Bourse sachent exactement ce qu’elle représente. Elle regroupe les revenus de capitaux mobiliers soumis aux prélèvements sociaux selon les règles du droit commun – dividendes, intérêts, coupons – et joue un rôle précis dans le mécanisme de la CSG déductible.
Ce que la case 2BH contient réellement
Quand vous percevez des dividendes sur un compte-titres ordinaire ou des intérêts sur un livret fiscalisé, votre banque ou votre courtier vous adresse un imprimé fiscal unique (IFU) chaque année. C’est de là que vient le montant pré-rempli en 2BH.
La case agrège les revenus sur lesquels les prélèvements sociaux ont déjà été prélevés à la source, au taux du droit commun. Elle ne crée pas un impôt supplémentaire : elle signale un montant déjà traité, dont la déclaration conditionne un avantage fiscal ultérieur.
Les revenus qui alimentent typiquement cette case :
- Les dividendes d’actions françaises ou étrangères détenus sur un compte-titres ordinaire, soumis aux prélèvements sociaux à la source.
- Les intérêts de comptes à terme, obligations et autres placements de taux non exonérés.
- Certains revenus distribués par des OPCVM ou ETF éligibles au régime des revenus de capitaux mobiliers.
Le lien entre la case 2BH et la CSG déductible
L’effet concret de la case 2BH dépend du régime d’imposition que vous choisissez pour vos revenus financiers : la flat tax (prélèvement forfaitaire unique) ou le barème progressif.
Avec la flat tax, la case 2BH n’a pratiquement aucun effet fiscal direct. Les revenus qu’elle contient sont imposés au taux forfaitaire global, prélèvements sociaux inclus, et la CSG n’est pas déductible dans ce cadre.
Si vous optez pour le barème progressif en cochant la case 2OP, la situation change. Une fraction de la CSG payée sur ces revenus devient déductible de votre revenu imposable l’année suivante. C’est le seul levier concret que contient la case 2BH pour réduire votre imposition.
Cette déduction de CSG s’applique au taux en vigueur selon l’année de perception des revenus. Le montant déductible est calculé automatiquement par l’administration fiscale à partir du chiffre reporté en 2BH, à condition que la case 2OP soit bien cochée.

Dividende étranger : pourquoi l’enveloppe change tout
Un débutant qui détient la même action étrangère à la fois dans un PEA et dans un compte-titres peut constater des résultats fiscaux différents sur le même dividende. C’est un point que les concurrents n’explicitent pas, et qui mérite une attention particulière.
Sur un compte-titres ordinaire, les dividendes étrangers sont en principe soumis aux prélèvements sociaux et déclarés en 2BH. Selon la convention fiscale entre la France et le pays de la société émettrice, un crédit d’impôt peut s’appliquer pour éviter la double imposition : le prélèvement à la source effectué à l’étranger vient alors en déduction de l’impôt français dû.
Dans un PEA, les dividendes sont exonérés d’impôt sur le revenu après cinq ans, mais les prélèvements sociaux restent dus lors des retraits. Le point moins évident : les crédits d’impôt attachés aux dividendes étrangers reçus dans un PEA ne sont généralement pas récupérables, contrairement au compte-titres. Le traitement fiscal dépend donc à la fois de l’enveloppe choisie et des conventions fiscales applicables au titre étranger concerné.
Conséquence pratique : un même dividende brut peut, selon qu’il atterrit dans un PEA ou un compte-titres, générer ou non un droit à crédit d’impôt, et alimenter ou non la case 2BH. Le montant affiché dans la case ne suffit pas toujours à saisir le traitement fiscal complet d’un revenu international.
Comment vérifier et reporter la case 2BH sans erreur
Dans la grande majorité des cas, la case 2BH est pré-remplie par l’administration à partir des données transmises par votre courtier ou votre banque. Il reste utile de la contrôler, surtout si vous détenez des titres chez plusieurs établissements.
La vérification se fait en deux temps :
- Comparer le montant pré-rempli en 2BH avec le total des revenus soumis aux prélèvements sociaux indiqué sur chacun de vos IFU. Si vous avez plusieurs comptes-titres chez des courtiers différents, les montants de chaque IFU s’additionnent.
- Vérifier que les revenus exonérés (PEA après cinq ans, livret A, livret de développement durable) ne figurent pas dans ce total par erreur, notamment en cas de migration de compte ou de clôture partielle.
Ne modifiez pas un montant pré-rempli sans avoir l’IFU correspondant sous la main. En cas d’écart inexpliqué, contactez votre établissement financier avant la date limite de déclaration pour obtenir un IFU rectificatif.
Flat tax ou barème : quand la case 2BH change votre calcul
La question se pose concrètement dès que votre tranche marginale d’imposition est faible, ou que vos revenus financiers restent modestes. Le barème progressif peut alors coûter moins cher que la flat tax, tout en déclenchant la déductibilité partielle de la CSG enregistrée en 2BH.
L’option pour le barème se coche une seule fois sur la déclaration (case 2OP) et s’applique à l’ensemble de vos revenus financiers pour l’année concernée : on ne peut pas choisir le barème pour les dividendes et la flat tax pour les intérêts. Ce choix est global et irrévocable pour l’année en cours.
Selon les informations disponibles sur le contexte réglementaire 2026, les prélèvements sociaux sur les revenus du capital ont évolué, ce qui modifie mécaniquement le montant de CSG potentiellement déductible à partir de la case 2BH. Si vous hésitez entre les deux régimes, simuler les deux options dans votre espace personnel sur impots.gouv.fr reste la méthode la plus fiable : le simulateur intègre automatiquement les taux en vigueur pour l’année de perception des revenus.
La case 2BH reste une ligne de déclaration parmi d’autres, mais elle concentre plusieurs mécanismes – prélèvements sociaux, CSG déductible, interaction avec le choix de régime – qui peuvent, selon votre situation, peser sur votre imposition finale. Prendre deux minutes pour vérifier le montant pré-rempli et s’assurer que la case 2OP reflète bien votre choix évite les mauvaises surprises lors de la liquidation de l’impôt.

