8,2 %. Ce n’est pas un taux d’intérêt bancaire, mais la part qui peut s’évaporer en commissions dès qu’une cagnotte en ligne change de main ou de statut. Ce qui semblait être un simple pot entre amis se transforme vite en ardoise salée dès qu’on passe à l’étape du virement ou que la collecte gagne en visibilité.
L’affaire Dettinger a mis en lumière la façon dont la viralité sur les réseaux sociaux, couplée à une mauvaise lecture des règles d’utilisation, peut faire basculer une collecte solidaire dans la tourmente. Des milliers d’euros partis en frais, sans possibilité de retour, révèlent combien le système peut se montrer impénétrable.
Arnaques financières sur les réseaux sociaux : comprendre les nouveaux pièges et leurs conséquences
Les cagnottes en ligne sont devenues la cible privilégiée des escroqueries, leur succès amplifié par l’actualité brûlante : manifestations des gilets jaunes, élans solidaires après des drames ou événements collectifs. Les dons affluent à toute vitesse, souvent sans prendre le temps de vérifier qui se cache derrière la collecte ou comment l’argent sera réellement utilisé. L’affaire Dettinger, ce boxeur propulsé sous les projecteurs après une altercation avec la police à Paris, a illustré la force de l’émotion partagée, mais aussi ses revers : des montants massifs collectés, puis amputés par des frais cachés, ou bloqués pour des soupçons de fraude.
Sur les réseaux sociaux, tout s’accélère : émotions, réactions, virements. Des sommes considérables se rassemblent en quelques heures, sous l’œil attentif des autorités. Pourtant, derrière la façade d’entraide, le terrain s’avère miné. Les pages Facebook sans visage, les vidéos réutilisées à des fins douteuses, les comptes usurpés brouillent la frontière entre vraie solidarité et arnaque pure et simple. À mesure que la confiance prend le pas sur la vigilance, les risques montent.
Trois failles reviennent souvent dans ce type d’affaires :
- Manque de transparence sur l’identité de ceux qui lancent la cagnotte ; difficile de savoir qui orchestre réellement la collecte.
- Conditions d’utilisation peu claires : les modalités de retrait et de gestion restent souvent obscures, même pour les plus avertis.
- Aucune instance centrale ne contrôle systématiquement les flux d’argent, ce qui laisse le champ libre aux dérives.
Le phénomène ne s’arrête pas aux frontières françaises. Entre la guerre en Ukraine, les Jeux olympiques ou les mobilisations à Bordeaux et Lyon, les réseaux sociaux servent de caisse de résonance à toutes sortes de collectes, et, par ricochet, à leurs dérives. La question de la sécurité des dons, du suivi des virements et de la fiabilité des informations prend alors une place de premier plan. Les institutions, qu’il s’agisse de l’Assemblée nationale ou des forces de l’ordre, sont dépassées par l’ampleur et la rapidité de la circulation des appels aux dons.
Et les conséquences ne se font pas attendre : procédures judiciaires, comptes gelés, soupçons de blanchiment. Les classes moyennes, souvent les plus généreuses, se retrouvent exposées, victimes d’un système qui ne protège pas assez leur générosité.
Leetchi, affaire Dettinger et cagnottes en ligne : les erreurs à éviter pour ne pas se faire piéger
Leetchi s’est imposé comme la plateforme phare des cagnottes en ligne. Mais derrière cette simplicité apparente, les frais inattendus guettent. L’affaire Dettinger a servi d’avertissement : quand la cagnotte explose ou sort du cercle privé, la facture grimpe en flèche. Les prélèvements diffèrent selon le volume, le type de transfert, l’usage prévu des fonds. Et le réveil est parfois brutal : plusieurs centaines d’euros peuvent s’envoler en commissions, à la surprise générale.
L’une des erreurs classiques : ignorer la lecture approfondie des règles d’utilisation. Dès que la cagnotte vise à soutenir une cause collective, remboursement de frais de justice, financement de manifestations, comme ce fut le cas avec les gilets jaunes, la surveillance se resserre. L’argent peut être figé sur décision de justice, les sommes gelées, ou même rendues aux donateurs si la transparence fait défaut. D’où l’importance de garantir la traçabilité et de s’assurer de l’identité des organisateurs.
Avant de lancer ou de participer à une cagnotte, quelques réflexes sont vivement conseillés :
- Vérifiez toujours où ira l’argent et quels frais seront retenus, même pour des montants modestes.
- Optez pour des collectes dont l’objet et l’utilisation sont clairement détaillés et en accord avec les règles de la plateforme.
- Prenez le temps de consulter les avis récents sur la gestion des cagnottes à risque, en particulier en cas de mobilisation sociale ou politique.
La prudence reste de mise face à ces plateformes, dont le modèle économique s’appuie sur le volume de transactions et le traitement automatisé des contrôles. Un simple oubli, l’absence de justificatif ou la précipitation peut transformer une bonne action en casse-tête administratif, voire en perte sèche.
Avant de cliquer, on gagne à garder la tête froide. Les cagnottes ont beau rassembler, elles ne pardonnent ni l’improvisation ni l’excès de confiance. La prochaine collecte virale sera peut-être la vôtre. Serez-vous prêt à en maîtriser les règles du jeu ?


